L'Afrique de demain,  Prospective

Le rapport Lorgeoux-Bockel

Le rapport Lorgeoux-Bockel

A quelques semaines du prochain sommet de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat a adopté le rapport déposé le 29 octobre 2013 relatif à l’Afrique de demain: «L’Afrique est notre avenir». Issu du groupe de travail sur «la présence française dans une Afrique convoitée», le rapport souligne le paradoxe d’une France qui, après avoir été l’un des seuls pays à poursuivre, après les indépendances, une politique africaine, devrait mettre en chantier la définition d’une stratégie à long terme sur ce continent aujourd’hui convoité. Les Chinois, les Indiens, les Brésiliens, les Américains, les Marocains ou les Turcs, qui investissent massivement dans ces pays, ont défini des stratégies africaines qu’ils mettent méthodiquement en œuvre. Pour Jean Marie Bockel, «une Afrique de 2 milliards d’habitants à 14 km du sud de l’Europe avec autant d’opportunités et de risques devrait être une préoccupation centrale».

L’Afrique de demain sera un vrai moteur de croissance pour l’Europe et il convient de relancer les relations de la France avec les pays africains en soulignant notamment les difficultés que rencontre la francophonie malgré une dynamique démographique favorable et en proposant la création d’une université francophone pilote à Dakar, à l’image de l’université Paris-Sorbonne-Abou Dhabi ainsi que le développement de l’enseignement universitaire numérique à distance.

Le groupe de travail a estimé qu’il fallait désormais accentuer notre regard sur les opportunités économiques qu’offre le décollage d’une partie du continent africain. Pour cela, il propose de renforcer les moyens de soutien aux entreprises dans les pays les plus dynamiques tels que l’Afrique du Sud, le Nigéria, la Côte d’Ivoire, et le Kenya, mais également l’Éthiopie, le Ghana, le Botswana, la Tanzanie ou le Mozambique. IL faut aussi développer la pratique du portage des PME par les grands groupes présents sur le continent dans une démarche adaptée aux réalités africaines et développer de même des stratégies de conquête des marchés africains et créer avec Proparco un fonds d’investissement en partenariat public privé impliquant largement les technologies de la connaissance.

IL est essentiel de renforcer les synergies – entre Ubifrance, les Missions économiques, les Chambres de Commerce et d’Industries (CCI), en France et à l’étranger (Uccife), les conseillers du Commerce extérieur de la France (CCEF), Oséo, Coface, Pacte PME International, et les Opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI) – de renforcer la coopération en faveur du renforcement de capacité au profit des programmes de l’UEMOA et notamment du Programme Économique Régional (PER) et d’ouvrir les pôles de coopération français à des participations de partenaires européens et internationaux à l’instar de ce qui a été fait pour les écoles nationales à vocation régionale (ENVR).

L’Afrique bénéficie aujourd’hui d’un afflux de capitaux privés et publics, si bien que l’avantage comparatif de bailleurs de fonds relativement modestes comme la France est aujourd’hui la diffusion à travers ces financements d’une expertise pertinente, performante, compétitive et adaptée aux enjeux de développement de l’Afriquecette expertise est un enjeu de développement et d’influence en permettant de déployer dans ce continent des normes, des habitudes et des valeurs qui peuvent nous lier aux pays africains et favoriser les échanges à la fois intellectuels et commerciaux.

Le Groupe de travail propose donc de créer un fonds dédié à l’expertise internationale, de relancer les dispositifs de capital investissement dans les PME en redynamisant le Fonds d’investissement et de soutien aux entreprises en Afrique (FISEA), de développer des coopérations triangulaires en collaboration avec des partenaires sans passé colonial (Canada, Australie…) avec les émergents démocratiques (Afrique du Sud, Brésil, Inde) comme avec la Chine et de développer des universités numériques en coordination avec les partenaires francophones. Il s’avère ainsi important de redynamiser la politique d’accueil de personnalités d’avenir et de développer le dispositif «Quai d’Orsay/Entreprises».

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