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New York: les quartiers numériques de Flat Iron, Dumbo et Meetpackin

Au cœur de Manhattan, certains se souviennent encore – il y a longtemps de cela, à la fin de l’ultime décennie du siècle dernier – du fantasme de marketing territorial formulé par certains acteurs locaux et laissant entendre qu’après tout New York pouvait peut être – dans certains domaines du numérique notamment tels que la publicité, le marketing ou naturellement la finance – lutter à armes égales avec San Francisco et qu’une «silicon alley» pouvait y valoir toutes les «valley»…: on sait combien le fameux bâtiment en forme de fer à repasser, au carrefour de la 23 rue, Brodway et la 5e avenue – bâtiment où est né entre autres Tumblr – en constitue encore l’emblème, tant il est vrai que les emblèmes et autres images architecturales et urbanistiques s’avèrent indispensables à la narration des paradigmes de l’innovation!

Outre bien sûr la réussite de certaines start-up qui y ont vu le jour, attestant de la pertinence d’un tel choix à l’instar d’un Kevin Ryan – un ancien de l’INSEAD, ceci advint grâce notamment à son maire Michael Bloomberg qui s’inscrit ouvertement dans cet héritage; le dernier épisode du storytelling mis en œuvre par l’édile: le chantier qui commence en 2014 – construit par l’Université Cornell, financé partiellement par l’un de ses anciens élèves et co-géré par le Technion Institute de Haïfa – d’un Tech Campus sur Roosevelt Island, un île de l’East River au bord de Manhattan. Tout ceci devra compléter les 15 accélérateurs et surtout la pratique omni-présente du coworking, l’une des clefs de la «Silicon Alley». La grande cité high tech sera achevée vers 2030, le temps pour de nouveaux écosystèmes de l’innovation de se développer à ses côté !

Dès aujourd’hui néanmoins, après près de cinq années de mise en réseau, le rêve devient – après bien des errements et l’éclatement de la bulle Internet -, une réalité incontestable à l’image des réunions du «NY Tech Meetup», même si une telle réalité s’inscrit dans les résultats des mêmes stratégies qu’une bonne dizaine de villes américaines, de Boston à Austin.

Ce que montre parfaitement New York, c’est l’importance de ne confondre en aucun cas deux étapes de développement d’un écosystème métropolitain:

La première étape a besoin, on l’a dit, d’un lieu capable de porter un (ou plusieurs mythe(s): n’oublions pas que nous sommes revenus à l’heure des mythes urbains et territoriaux avec tout leur potentiel d’attractivité des talents et que seuls les polarisations de compétences et les hubs de savoirs attirent les connaissances venues d’ailleurs sous forme de flux cognitifs que les collectivités locales doivent à tout prix savoir maîtriser – grâce entre autres à leur boîte à outil d’identité territoriale devenue gage de développement économique -.

La seconde étape permet une dissémination des activités au travers d’autres quartiers et districts: mais là encore ce sont les liens tissés entre eux qui comptent davantage au début d’une telle dissémination que les lieux jugés au départ – à tort ou à raison – comme secondaires. Vers Brooklyn, c’est le cas ici de Dumbo, en partie grâce à MakerBot et son imprimante 3D ou encore de Meatpacking district avec le siège new-yorkais de Google. Ces liens s’esquissent progressivement sur les plans de la ville, au travers par exemple d’un «tech triangle» bordé par exemple par les «citadelles branchées» de Caroll Gardens, Williamsburg et Greenpoint.

Ailleurs encore, on évoquera l’aménagement confié à Frank Gehry par Facebook d’un grand centre d’ingénierie près de Gran Central Station. Au-delà encore, ce sont mille nouvelles entreprises dans le secteur qui se sont installées en cinq ans, par exemple à SoHo, dans le Lower East Side ou l’East Village.

Le rapport publié en septembre 2013 par la mairie mentionne cent mille salariés et 30 milliards de dollars de salaires dans le secteur techno-info: c’est clairement «la tech» qui assure ainsi, depuis la crise de 2008, l’essentiel de la croissance économique de la ville en assurant notamment à elle seule le tiers de la création d’emplois (26000 jobs et 4% de croissance du marché du travail) et six milliards de pouvoir d’achat supplémentaires.

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