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Une nouvelle cartographie de lieux pour construire les territoires de demain

Au bout de deux années de travail et de mise en réseau, les espaces français – et francophones de manière générale – dédiés à l’innovation ouverte constituent un véritable écosystème capable de se doter des outils qui lui sont nécessaires pour se développer dans les directions qu’ils se sont fixés lors de la création du RELAI le 1er juillet 2011 au Conseil Economique, Social et Environnemental.

Les outils dont les prototypes seront présentés à la Journée des Territoires de Demain organisée le 13 décembre 2012 à la Mairie de Saint Mandé et notamment lors de la table ronde dédiée aux espaces de l’innovation franciliens permettront à tous les acteurs en la matière non seulement de développer les synergies aujourd’hui existantes entre de nombreux Living Labs, mais aussi et surtout d’être opérationnels dès maintenant dans les projets internationaux qui leur ont été récemment présentés, tant il est vrai qu’un laboratoire vivant digne de ce nom est d’abord une grande usine à projets ; c’est un lieu notamment – nous le dirons avec force à Monaco – où un responsable territorial, un élu, un porteur de projet issu de l’université ou d’autres institutions cognitives alternatives qui se développent tout autour de nous – peuvent avoir face à eux des interlocuteurs possédant une vraie visibilité sur les grands chantiers des économies de la connaissance et de la création.

Ces nouveaux outils doivent leur permettre de développer d’abord leurs propres réseaux sociaux au sein d’un environnement pleinement adapté à leurs demandes. Dès le 13 décembre, cet environnement aura été développé et sera devenu complètement opérationnel, tant il est vrai que nous enregistrons de nouveaux projets presque chaque jour et que bien souvent ceux-ci ne peuvent être évoqués et partagés dans un environnement pertinent : souhaitons que, grâce à la multitude des échanges qui auront permis sa mise au point, nous pourrons en assurer le succès avec toutes les personnes qui pourront nous rejoindre le 13 décembre à Saint Mandé. Vous êtes tous cordialement invités ! Mais, comme déjà évoqué avec nombre d’entre vous, un autre outil nous est nécessaire devant le grand nombre de documents audiovisuels qui nous parviennent. Si cette avalanche d’images numériques nous conforte dans le constat de la démultiplication de lieux voués à la collaboration et à l’innovation de rupture, elle n’en est pas moins difficile à gérer, éparpillée aujourd’hui sur une vingtaine de sites. C’est ainsi qu’est né entre Bruxelles, Luxembourg et Paris un outil visant à une meilleure structuration de ces documents et surtout de meilleurs conditions d’échange et de partage. Si nous en verrons une esquisse à Saint Mandé, c’est à Monaco les 19-21 février prochains que nous pourrons le voir en plein fonctionnement, aux côtés de plusieurs autres initiatives que nous n’évoquerons au début de l’année prochaine.

Au-delà de ces deux outils, deux dispositifs restent à créer, fondamentalement liés. En premier lieu, un chantier évidemment majeur est celui des nouveaux modèles économiques auxquels les uns et les autres nous donnons et devons donner naissance, à des années lumières des vieilles lunes longtemps dominantes: les subventions sans portée, les projets européens inutiles, les financements internationaux sans objet… De nouveaux horizons aujourd’hui se développent au travers de réflexions qui ont vu le jour en Charente et qui permettent de financer la vraie coopétition, d’accompagner des projets économiques viables, de revitaliser les actions innovantes du secteur public et de réfléchir avec la Commission européenne sur les meilleures manières de placer l’innovation de rupture au cœur de ses financements, dans le cadre notamment d’Europe 2020.

Un second chantier en cours est évidemment celui d’un dispositif de suivi et d’évaluation. Living Lab, Fab Lab, Media Lab ou autre, un tiers lieu est voué à l’évaluation régulière, non point en vue d’une quelconque intrusion dans ses activités et ses projets, mais précisément – sous l’égide d’une entité universitaire indépendante – afin de permettre des formes plus ouvertes et plus transparentes de collaboration. Une réflexion a été lancée cette année, il convient là encore de nous créer un vrai dispositif à cette fin. On aura ainsi à se féliciter aussi des succès de LEILAC rassemblant les acteurs latino-américains de l’innovation, qui nous permettent aujourd’hui de rendre concrète et opérationnel ce qui il y a encore un an n’était un souhait, voire un simple concept: un espace atlantique de l’innovation permettant d’ouvrir pour les créateurs d’entreprises des marchés pour leurs produits, leurs services et leurs idées. IL faudra se réjouir aussi des réseaux CILL et IDB qui, en Chine et dans les Balkans, manifestent une nouvelle présence économique et culturelle en termes de réseaux d’innovation ambitieux et traduisant une présence française offensive et volontaire : sur le terrain, grâce aux multiples appuis institutionnels, la diplomatie économique n’est pas un vain mot, mais un état d’esprit qui est précisément celui des Living Labs.

Bref, nous n’en finirons pas de nous passer le RELAI les uns aux autres, au travers de nos Etats-Généraux permanents. Si l’expression avait pu sembler excessive à bien des décideurs au départ, c’est pourtant de rencontres démultipliées dont nous avons besoin pour rendre plus opérationnels les outils mêmes que nous venons d’évoquer. De l’Alsace à la Bretagne en passant par le Grand Paris, des états généraux régionaux sont également en préparation, de même qu’en de nombreux endroits du monde, où – après plusieurs pays d’Amérique Latine (notamment à Mexico) et plusieurs régions d’Espagne (récemment à Bilbao et Madrid) – nous nous verrons notamment en Océanie, en Chine et en Europe du Sud Est – où, succédant à notre rencontre à l’Institut Français de Budapest, un séminaire est en préparation à Sarajevo sous l’égide du Living Lab IDB avec l’objectif de la création d’un vaste programme de collaboration en Europe orientale. Un peu partout ainsi se forment des groupes de travail avec l’idée de changer leur monde, mais de fait aussi le monde !

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