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Dans une économie du lien, aucune entreprise ne peut plus agir seule

L’Atelier : Qu’est-ce qui induit une démarche de collaboration au sein d’un Living Labs ?

André Loechel: Un acteur, comme une entreprise, évolue aujourd’hui dans une économie des flux et donc des liens, c’est-à-dire qu’il ne peut plus faire sa stratégie ou agir seul. En revanche, trois types d’acteurs doivent collaborer avec leurs savoirs spécifiques au service d’un projet commun : les chercheurs, les acteurs économiques et la société civile. Ils doivent donc travailler de façon complémentaire, et aller chercher les savoirs de chacun. D’abord parce qu’il y a le besoin de les mobiliser en allant chercher tel institut ou telle autre personne pour faire avancer un projet, et ensuite parce qu’il y a une quantité importante de savoirs. D’une certaine façon, on profite de l’autre. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y a plus de concentration de compétences sur le territoire. D’ailleurs il existe les pôles de compétences, comme la nanotechnologie à Grenoble mais qui ne fonctionne que si elle s’inscrit dans une tradition longue. Évidemment, cela n’est pas nouveau : les Living Labs s’inscrivent dans un moment de mutations économiques, sociales et culturelles, comme les Académies des Sciences à la Renaissance ou les clubs de la Révolution industrielle.

Cela permet donc à votre avis à une entreprise d’innover plus vite, sur le principe de l’innovation ouverte?
Oui, lorsque l’on est dans une phase de réalisation, de production, de changements de produits qui s’inscrit dans un temps court, ce n’est pas la R&D interne qui permet de répondre à ces changements. Les Livings Labs permettent donc d’être le plus réactif possible pour répondre aux demandes des usagers. Mais également de faire des économies d’argent par la connaissance que l’on a des usages, comme pour un panel, ou parfois les usagers démultiplient les usages. C’est le cas du Living Labs de Nantes qui a installé des QR Code sur les monuments historiques avant que cela ne se diffuse, ce qui a permis aux sociétés de communication et aux entreprises de s’en saisir.

Qu’en est-il des Living Labs en France?
En France, le développement des Livings Labs a suivi la même chronologie que souvent. C’est-à-dire qu’il n’y a pas eu d’accueil immédiat et rapidement, on a atteint plusieurs Living Labs de référence comme la Cité des Sciences ou Issy-les-Moulineaux. On en dénombre aujourd’hui plusieurs dizaines, en fonction des structures de labellisation, comme l’European Network of Living Labs. Ca a vraiment commencé il y a environ 5 ans, ça s’est accentué vers la fin de 2008. Mais il y a toujours un problème culturel en France, par exemple sur la propriété des idées ou la mise en relation des connaissances. La difficulté, c’est que l’on se cramponne encore à des schémas en voie de disparition et qui ne sont pas compatibles avec l’économie de l’immatériel. Alors que les entreprises ont tout intérêt à jouer la carte de l’ouverture car on peut en apprendre beaucoup.

http://www.atelier.net/trends/articles/une-economie-liens-une-entreprise-ne-plus-agir-seule

BNP_Paribas_Loechel

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