LOGO smartgrid 2015Intervention au salon SMARTCITY + SMARTGRID
le mercredi 07 octobre 2015 de 16h30 à 17h30 en salle DELORME.

Les espaces d’innovation, nouveaux modèles économiques des villes et territoires:
comme rejoindre la vision du futur ?

Au printemps 2014, une lettre d’information du ministère français de l’économie et des finances titrait: « Living Lab, Média Lab, Fab Lab… Ils sont partout ».

De fait, le monde est devenu un grand laboratoire.
Mais avons-nous vraiment intégré un tel constat dans la co-construction du futur à laquelle nous nous livrons aujourd’hui dans le cadre du développement de nouvelles formes de pensées prospectives et surtout d’approches économiques et sociales basées sur la rupture?

Nous parlons certes d’économie de la connaissance, nous sommes attentifs aux startups et à leurs écosystèmes, mais nous oublions à l’évidence à quel point nous sommes impliqués les uns et les autres dans une telle mutation.
énumérer les différentes formes que peuvent prendre les rapports de nos sociétés à la connaissance est une chose, en mesurer les véritables impacts au quotidien en est une autre. Car c’est notre rapport et le rapport de nos territoires aux savoirs qui est en jeu ! Celui-ci redéfinit en effet notamment ce que sera la gouvernance de demain !

Dans ceux des laboratoires ou ils expriment plus particulièrement leurs passions pour les biotechnologies, les sciences cognitives, les nouvelles formes de monnaies virtuelles…, de nombreux jeunes tiennent à organiser eux-mêmes le partage de leurs connaissances, la structuration de leurs savoirs ainsi acquis ensemble et bien sur les multiples expérimentations qui font de l’innovation autrefois incrémentale une innovation ouverte, disruptive et surtout expérimentale.

Avec cette « science de la nuit » dont parlait François Jacob, nous sommes donc loin des structures académiques, plus loin encore des autorités et des institutions dont la capacité d’évaluation voire de compréhension des interrogations nouvelles adressées à toutes les formes de connaissance et de découvertes scientifiques est tout simplement perçue comme relevant du passé. De compétences, ils en accordent peu à l’état, aux collectivités territoriales et aux institutions qui formaient le paysage familier d’institutions à qui l’on n’a au fond jamais demande d’être ou de devenir apprenantes!
Au même moment, nous évoquons volontiers toutes les formes de l’intelligence territoriale et nos villes entendent devenir autant de « smart cities » productrices de grandes masses de données – les fameux big data à l’origine d’expressions significatives comme la datafication du monde ou encore les fameux data prophètes -, des données dont l’accumulation leur permet d’alimenter de véritables tableaux de bord informationnels.

Mais ceux-ci, s’ils sont bien en capacité de transformer des pans entiers de la vie des citoyens, ne forment, de fait, au travers des technologies mobilisées, qu’une toute petite partie des changements induits par l’économie créative d’aujourd’hui et de demain.
Parmi les laboratoires et espaces qui se développent de toutes parts, figurent ainsi les laboratoires vivants.

La France est aujourd’hui l’une des terres de laboratoires les plus riches, c’est donc elle notamment qui peut à la fois fournir méthode, démarches et méthodologies pertinentes dans le cadre notamment d’un développement de sa diplomatie économique. Se développent notamment des espaces dans la Mayenne centrées sur la Réalité Augmentée et les nouvelles formes de commerce, l’Eure et l’économie de la connaissance, l’Auvergne sur les nouvelles formes de tourisme, le patrimoine agricole et le Big Data, l’Ardèche avec le Living Lab des Territoires de Demain dédié à  l’attractivité territoriale en laissons avec les chercheurs internationaux (CENT), Lille centré sur un quartier dédié à la santé, Lyon en matière d’éducation, Aix Provence sur la musique, Nantes et le QR code, Rennes et la mobilité…

L’Espagne elle aussi se montrée profondément novatrice dans la matière avec le tecno parque de Mataró, le cartier de Zorrozaure à Bilbao, DEUSTO avec la e-santé des seniors, Madrid avec le Living Lab international, le Medialab du Prado  (voir l’atelier de André jean Marc Loechel pour d’autres exemples européens).
Mais aussi la Colombie, le Mexique, Pérou, Argentine…

La cartographie de demain sera celle des flux cognitifs et des hubs  de compétences, reflétant une économie où la mise en réseaux des projets conditionne la polarisation des compétences. Regardons la carte de Madrid qui met en évidence de tels axes de coopétition et de co-création.

Afin de nous doter de nouveaux outils pour accompagner des mutations numériques qui, nous le voyons chaque jour désormais, transforment en profondeur la plupart de nos champs d’activités et d’analyses, nos stratégies doivent elles-mêmes se repositionner.

Les espaces dédiés par exemple à la dissémination de la culture scientifique et technique apparaissent des lors comme autant utiles à l’ouverture de l’évaluation de nos choix collectifs en la matière qu’à la genèse de nouveaux modèles économiques et à la naissance de nouvelles formes d’activités, de nouveaux produits et de nouveaux services.

L’heure décidément est (re)venue pour de nouveaux territoires stratèges qui se mobilisent pour réaffirmer leur identité et co-construire les nouveaux horizons de la créativité.

Intervenants :
•    Andre Jean Marc LOECHEL, , FONDATION DES TERRITOIRES DE DEMAIN
•    Baptiste BERNIER, , VOLUMES
•    Laura GARCIA VITORIA, Fondatrice , RéSEAU DE LIVING LABS ET ESPACES D’INNOVATION D’AMéRIQUE LATINE ET LES CARAïBES (LEILAC).
•    Lionel ROURE, CNAM – CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MéTIERS (à confirmer)