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Présentation au Sénat: Et la planète devint laboratoire

Et la planète devint laboratoire

Living Labs – French Tech – Smart cities

Accompagner les acteurs locaux dans un voyage dans la connaissance au cœur des territoires

Contribuer à la construction de nouvelles réalités territoriales devient l’objectif commun de nombre de décideurs économiques et politiques tant en France qu’en Europe et sur une grande partie de notre planète.

Les premiers impacts du développement des nouvelles technologies de l’intelligence et de la collaboration se traduisent en effet par des liens inédits entre les macro-topographies du développement économique et l’échelle déclinée au quotidien de nos quartiers et de nos villes. Il n’est donc nullement question ici de se limiter à une prise en compte des mutations technologiques contemporaines en tant que telles, mais bel et bien d’esquisser une tentative d’analyse globale de leur impact au travers de lieux d’innovation ouverte et de leur dialogue avec maintes formes d’urbanisme et de vécu des territoires.

Le « Paris des Deeptech » – qui aime depuis peu à s’afficher comme la capitale mondiale de l’intelligence artificielle – tend ainsi à élaborer par exemple sous nos yeux un nouveau chapitre de son histoire, ce d’autant que ses composantes identitaires constituent l’une des composantes d’un vrai revival.

Il en est de même des métropoles – nouvelles et anciennes -, mais aussi tant des petites villes que du monde rural, plus proche que l’on pourrait le penser, des écosystèmes de territoires intelligents comme le montrent, en France, les Ardennes, le Bas-Rhin ou encore une région comme l’Occitanie.

De tels horizons constituent également de nouveaux matériaux pour les travaux à venir de la Chambre du futur.

Le présent ouvrage a été rédigé en vue de l’accompagnement en la matière des nouvelles entreprises innovantes, mais aussi – largement au-delà des Civitech – des formes inédites qui seront celles des constructions politiques et des collectivités territoriales de demain.

Fabrique d’innovation (Lyon), usine créative (Saint Etienne), accélérateur de croissance et démultiplicateur de rencontres (Saint-Quentin-en-Yvelines), connecteur d’innovation (Saclay), escalateur (Bois-Colombes) et collaboratoire (Berlin), le vocabulaire de la décennie à venir est en train de se construire pour décrire nos écosystèmes économiques et sociaux, ceci dans un cadre plus général de réflexion disruptive en la matière : assister ainsi en effet à la construction d’un vocabulaire n’est jamais neutre : prêtons toute l’attention qu’elles méritent aux mutations de notre sémantique contemporaine.

Outre les phénomènes de mode sémantique véhiculés par les débats et analyses des premières années de ce siècle, le vocabulaire mobilisé aussi bien par les acteurs territoriaux que par les chercheurs a montré la difficulté d’approche inhérente à la multiplicité de l’intelligence et de l’apprenance territoriale. Ce n’est que récemment qu’il est ainsi devenu possible d’esquisser les premiers récits fondateurs des bouleversements affectant nos collectivités territoriales et de produire la narration de véritables feuilletons d’un storytelling  territorial au travers de champs aussi divers qu’en apparence peu synchroniques, mais qui rendaient possibles par exemple l’analyse cognitive des politiques publiques. Ce nouveau cadre normatif de l’action publique fut de la sorte pressenti par d’aucuns comme un véritable changement d‘interprétation du monde, ce qui ne tarda pas heureusement à être la conclusion première des acteurs publiques que nous avons eu l’occasion d’accompagner dans maints pays et régions au travers notamment des expéditions de la connaissance au travers desquels nos interlocuteurs tentaient de construire la leur en termes aussi bien de clustérisation du territoire que d’économie de la création et du savoir.

À partir de tentatives diverses de compréhension des mutations de leurs environnements, le plus passionnant fut d’assister à la métamorphose de tels contextes en générateurs d’écosystèmes – un concept emprunté au champ notionnel de la biologie – et de lieux de l’innovation. Ce sont ces lieux qui font l’objet des itinéraires ici évoqués, ceci à travers notamment leur capacité à transformer nos villes et, à l’instar des learning regions, à construire territorialement des connaissances quand ils se mettent en situation permanente d’apprentissage en tant qu’individus, mais également au sein de leurs firmes et de leurs institutions. Il est essentiel de souligner à cet égard que les processus d’innovation reposent en partie sur des systèmes cognitifs collectifs territorialisés, dans lesquels les interactions entre acteurs jouent un rôle crucial. Des structures «en dur» sont le plus souvent ainsi mises en place afin de soutenir l’innovation par les acteurs du territoire. De tels lieux d’innovation et d’expérimentation se développent aujourd’hui un peu partout, à l’instar du TUBA à Lyon, et de l’Open Factory installé dans le quartier créatif de la Manufacture à Saint-Étienne. Ces lieux dédiés à l’innovation apportent de la sorte une expertise en soutien aux porteurs de projets.

Ce n’est certes pas l’ambition qui a manqué à tous ceux qui nous ont aidés à la rédaction du présent ouvrage, qu’il s’agisse d’accompagner des cours et des formations, d’aider à préparer des expéditions du savoir réalisées afin de permettre à tous les décideurs qui le souhaitent de se rendre sur les terrains mêmes de l’intelligence territoriale ou de ce qui est censé lui en tenir lieu et bien évidemment d’apporter toutes les contributions possibles et imaginables non seulement aux ingénieurs et chefs de projets de ces villes et territoires, mais aussi aux représentants des entreprises qui ont compris que l’essentiel des mutations qui aujourd’hui les impactaient résidait avant tout dans la prise en compte de leur propre écosystème.

Le plus passionnant au cours de ces deux premières décennies du siècle est d’assister à la métamorphose des acteurs territoriaux en créateurs d’écosystèmes et de lieux de l’innovation. La démarche qui est la nôtre d’accompagner régulièrement les décideurs économiques et institutionnels nous permet de voir par exemple combien la gestion de l’identité constitue l’une des boîtes à outils les plus efficaces pour conforter les pratiques innovantes. Et c’est là que, poussant régulièrement les portes de lieux caractérisés par de nouvelles pratiques sociales et de nouvelles manières d’être et de penser, nous expérimentons précisément des références comme celles des cabinets de curiosité et théâtres de la mémoire de la Renaissance ou encore des salons des XVII – XIXèmes siècles – on ne saurait se méprendre sur la spécificité de notre époque devant de telles allusions -.

Loin des considérations générales formulées souvent loin de toute portée réelle, ce Cicerone des nouvelles routes du numérique et des laboratoires des territoires de demain se veut en effet un véritable outil d’accompagnement, en étroite liaison avec des données et informations régulièrement mises à jour en ligne, témoignant de la volonté de comprendre la genèse de nouvelles cartographies territoriales de l’innovation à des échelles singulièrement diverses – qu’il s’agisse des espaces et laboratoires d’innovation qui se créent sous nos yeux un peu partout sur la planète, des métropoles françaises et de leurs nouveaux quartiers numériques ou encore des smart cities et silicon valleys mondiales développant autour de nous des environnements dont nous sommes encore loin d’avoir les clefs faute d’une prise en compte des spécificités diverses.

Les nouvelles cartographies sont nées  évidemment en partie du smart big data et de l’IA : ainsi celle des pratiques et des intérêts par exemple, vraie matière première de l’économie de demain.

L’innovation, on le sait bien, repose sur des processus territorialisés d’apprentissage et de transmission des connaissances. Outre les phénomènes de mode sémantique véhiculés par les débats et analyses des premières années de ce siècle, le vocabulaire mobilisé aussi bien par les acteurs territoriaux que par les chercheurs a montré la difficulté d’approche inhérente à la multiplicité des écosystèmes de l’intelligence et de l’apprenance territoriale.

Ce n’est que récemment qu’il est devenu possible d’esquisser les premiers récits fondateurs des bouleversements affectant nos collectivités locales et de produire la narration sous forme de véritables feuilletons d’un storytelling  territorial au travers de champs aussi divers qu’en apparence peu synchroniques, mais qui rendent possibles par exemple l’analyse cognitive des politiques publiques.

Ce sont ces lieux donc qui font l’objet des présentes approches, ceci à travers notamment leur capacité à transformer nos villes et, à l’instar des « learning regions » et des «engaged cities», à construire territorialement des connaissances quand ils se mettent en situation permanente d’apprentissage en tant qu’individus, mais également au sein de leurs firmes et de leurs institutions où les processus d’innovation reposent précisément en grande partie sur des systèmes cognitifs territoriaux que nous retrouvons tout au long de nos pérégrinations.

La présente analyse est ainsi née d’une singulière urgence, elle-même issue là encore de l’accompagnement sur le terrain d’acteurs territoriaux engagés dans diverses stratégies d’innovation. Cette urgence est celle de l’absence totale de visibilité de nombre d’entre eux et d’une large méconnaissance des mutations sociales et économiques, d’une incompréhension donc des raisons profondes qui rendent aujourd’hui peu pertinentes des décisions et attitudes pourtant érigées encore il y a peu en normes de comportements et de pensée. Cette vraie déconnection de la réalité se lit parfaitement dans les médias, s’entend auprès de bien des consultants et se mesure dans les échanges marquant les présentations faites dans les assemblées d’élus.

L’un des sentiments les plus singuliers que nous rencontrons dans les témoignages directement issus du vécu quotidien d’une économie basée sur la connaissance, est assez légitimement celui d’un voyage au quotidien dans le savoir – nouvel avatar de l’archaïque éducation permanente – voire d’un véritable voyage immersif permettant d’aller au-devant des bonnes pratiques et des observations facilitant les états des lieux sitôt de retour. Ce sentiment aura plusieurs implications et marquera fortement l’horizon culturel de notre temps: la prise en compte de la fabrication d’un tel horizon est ainsi indispensable à la compréhension des réussites et échecs de stratégies de développement de smart cities. Les technologies vont nous y aider bien sûr dans les mois et les années à venir, qu’il s’agisse des masques et casques d’immersion dans la réalité virtuelle, de la réalité augmentée dont nous voyons bien combien elle nous confortera dans une meilleure approche… du réel, ou encore de technologies diverses comme celle des 360 degrés -.

Une illustration parmi bien d’autres nous a profondément marqué: à l’heure même où tout au long de l’année 2014, au moment même où nous commencions à réfléchir sur le présent ouvrage, la situation de l’économie française avait fait l’objet des qualificatifs les plus sombres et des pires prédictions, les jeunes créateurs de start-up ou d’espaces d’innovation montraient quant à eux un véritable enthousiasme devant ce qu’allaient leur permettre les changements technologiques et les nouveaux horizons scientifiques. Ce à tel point que nous avons pris l’habitude pour décrire un tel fossé entre des discours économiques souvent largement médiatisés précisément et les réalités qui étaient celles du quotidien des territoires, d’utiliser l’image d’une tectonique des plaques dont l’action n’apparait pas forcément de manière visible sur le terrain. Il nous donc semblé utile qu’un volume comme celui-ci puisse présenter quelques-unes de ces réalités de terrain, mais également des analyses plus détaillées en termes notamment de prospective.

Ce nouveau cadre normatif de l’action publique fut de la sorte ressenti par d’aucuns comme un véritable changement d’interprétation du monde, ce qui ne tarda pas heureusement à être la conclusion première des acteurs publiques que nous avons eu l’occasion d’accompagner dans maints pays et régions au travers notamment des expéditions de la connaissance au travers desquels nos interlocuteurs tentaient de construire la leur en termes aussi bien de clustérisation du territoire que d’économie de la création et du savoir.

À partir de tentatives diverses de compréhension des mutations de l’intelligence de leurs environnements, le plus passionnant fut d’assister dans ce contexte à leur métamorphose en créateurs d’écosystèmes. Ce sont ces tiers lieux d’innovation – objet du présent ouvrage – qui sont perçus avant tout comme des outils de créativité pour développer des coopérations interentreprises sur les territoires.

On assiste ainsi à l’émergence d’une forme territorialisée d’innovation et d’entrepreneuriat social (pour tous) et collaboratif (par tous), autour de principes fondateurs forts tels que l’empowerment. À l’émergence aussi d’une nébuleuse entrepreneuriale (start-up, scale-up, entreprises de croissance et d’hyper-croissance, think-tank, acteurs de l’économie collaborative, makers…) dans la fabrique de la ville avec ses «entrepreneurs militants». Dans ce cadre, cette recherche s’intéresse à comprendre les effets des méthodologies de projet (méthodologies créatives, design thinking…) et des formes d’usages des lieux (lieux éphémères…) introduits par ces acteurs.

La place de ces lieux dans la fabrique de la ville amène ainsi à s’interroger sur le rôle de ces lieux ouverts d’innovation dans l’émergence de nouvelles formes entrepreneuriales et des lieux partagés dans les stratégies de développement du territoire et dans la fabrique de la ville, notamment dans les milieux ruraux. Nos recherches ont porté de la sorte notamment sur les espaces de créativité dans leurs différentes formes et à la façon dont ils peuvent générer de l’innovation sociale, ouverte et ascendante, tant il est vrai  qu’un tiers-lieu permet de croiser plusieurs dimensions et de générer des dynamiques nouvelles et des innovations [1].

Ce sont ces mécanismes concrets d’élaboration de connaissances par les territoires qu’il est indispensable d’observer lorsque l’on évoque l’apprenance territoriale. Comme le montre une première synthèse sur cette question que Territoires de Demain [2] s’est proposé de présenter à la rencontre organisée par l’UNESCO à Madrid, il est essentiel de souligner à ce sujet que les processus d’innovation reposent ainsi en partie sur des systèmes cognitifs collectifs territorialisés, dans lesquels les interactions entre acteurs jouent un rôle crucial. Le montre clairement un simple cheminement à travers les métropoles françaises et leurs territoires et quartiers de la connaissance, mais aussi à travers les villes intelligentes de la planète, du moins certaines de celles poursuivant d’ambitieuses stratégies en la matière.

Après une première approche des espaces mêmes de l’innovation, nous aurons à  poursuivre  notre cheminement  à travers les métropoles françaises et leurs territoires de la connaissance.  C’est enfin à travers les villes intelligentes de la planète – du moins certaines de celles poursuivant d’ambitieuses stratégies en la matière – que nous achèverons notre périple.

Dans l’actualité, nous galvaudons abondamment le mot intelligent à tout sujet, l’intelligence est devenue le mot à la mode (le mot de passe pour tous les excès) de notre société « trans-humaient », sans relever qu’il ne pourra pas avoir des territoires, de villes, des réseaux, d’avenir, de  société… intelligents sans un développement d’une économie durable, une société basé sur le bien-être et une politique disruptive que doit tenir compte des nouvelles donnés prospectives en matière technologique, mais aussi de l’IA.

L’intelligence artificielle va nous dépasser et il est probable qu’à l’avenir notre volonté disparaîtra, engloutie par le flot des algorithmes. Les nouvelles dispositions du savoir sont fondées sur les données, le «dataisme». Préoccupée par cette mode simpliste d’utilisation du mot et du concept, il faudra imaginer des structures politiques disruptives, permettant d’accommoder une multiplicité d’êtres et de formes d’existence futures et nouvelles formes d’actions. En PDF

Laura Garcia Vitoria

 


[1] On peut ainsi observer que les pratiques de coopération associées aux tiers-lieux existaient déjà en milieu rural de manière souvent informelle. On pense notamment aux pratiques de mutualisation d’espaces, d’outils de méthodologie dans le monde agricole, mais également au rôle du « bar du coin ». Ainsi la démarche du dispositif So Lozère a pour objectif de labelliser les lieux du territoire pour valoriser les pratiques, de Guéret – la Quincaillerie – : ouvert en 2005, celui-ci s’inscrit dans une dynamique locale de plusieurs années portées par le Grand Guéret, mais également par des associations et des porteurs de projet du territoire.

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