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Les lieux de l’innovation en Afrique

Comme le souligne avec force Pierre Pougnaud, les pays, villes et territoires émergents africains changent de profil dans les divers classements qui nous parviennent aujourd’hui: le travail mené ainsi par la Fondation des Territoires de Demain – dans le cadre notamment de l’Observatoire des Territoires Intelligents qu’elle crée avec la ville d’Independencia (Chili) – entend mener à bien une telle analyse en veillant à la positionner sur un territoire en situation précisément d’émergence économique, ce qui est le cas justement de tout le territoire dit du « Chilecon » (Silicon Valley) au nord de Santiago.
Ceci nous permet une première approche sur les territoires en situation d’émergence économique, sociale mais aussi culturelle et nous indique en effet pour l’Afrique que le passage dit des BRICS aux BENIUM est évidemment loin d’être neutre, car impliquant non plus seulement l’Afrique du Sud – à laquelle on pouvait adjoindre le cas échéant le Botswana et l’Ile Maurice -, mais concernant cette fois-ci surtout le Nigéria bien sûr, mais aussi un pays comme l’Ethiopie.
La force de dette mutation – au-delà d’acronymes plus ou moins heureux, voire d’appellations heureusement choisies ou non – réside, au-delà même du réel développement démographique et économique de ces deux pays dans deux images fortes :
* celle d’un chantier comme celui d’ERKO ATLANTIC – le futur « Dubaï » au cœur de la lagune de Lagos – inauguré en février dernier et où la Fondation retrouve les mêmes signes de volonté de volonté de durabilité auprès d’un Aliko Dangote (l’africain le plus riche du continent) qu’en animant en 2007 à La Défense le conseil scientifique du développement durable des quartiers d’affaires… -.
* celle d’autres pays encore, aujourd’hui qualifiés de « BENIUM de second rang », à savoir l’Angola, le Mozambique et la Côte d’Ivoire.
Cette géographie de l’innovation de rupture (une fois écartée toute allusion à l’innovation incrémentale d’autrefois), nous la rencontrons sur de nombreux territoires du continent. Les meilleures illustrations en sont le développement de réseaux que la Fondation accompagne :
* celui du NOLOA (Network of Living Labs of Africa) rassemblant des espaces de l’innovation ouverte chaque jour plus nombreux
* celui d’«Osez l’Afrique» qui aujourd’hui trace les voies les plus pertinentes pour la création de start-ups bénéficiant au moins autant de l’identité de leurs origines que de leur situation de micro-hubs au cœur des flux cognitifs portés par les rencontres entre réseaux de jeunes innovateurs et qu’incarnent nombre de Living Labs dont les spécificités les situent à mi-chemin entre espaces de coworking et lieux d’accélération des idées de création d’entreprises.
Cette émergence est celle d’une économie du savoir africaine, dont deux constantes ne peuvent qu’impressionner lorsque la situation politique naturellement le leur permet:
• celle d’une économie territoriale avec des quartiers habiles dans l’agglomération des savoirs,
• celle surtout des NTI – des « nouvelles technologies de l’intellect » dont parle l’anthropologue Goody -, ceci au travers notamment des outils de la mobilité.

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