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Le programme «Emergences»: l’innovation dans les pays émergents

En étroite liaison avec East West Digital News (Moscou), la Fondation des Territoires de Demain a mis en place un programme de suivi de l’innovation dans les pays émergents.

La nouvelle vague des pays émergents

S’il est en effet une interrogation qui n’aura échappé à personne, changeant dans ses fondements mêmes notre regard sur les territoires de demain, c’est bien celle d’HSBC: « D’ici 2050, 19 des 30 premières économies mondiales seront des pays qualifiés aujourd’hui d’émergents. Comment cette nouvelle interrogation mondiale influencera-t-elle votre activité ?».Cette question est évidemment fondamentalement celle des territoires de demain, c’est aussi la question mise en quasi-exergue de sa récente étude par Laurence Daziano (Fondapol, juillet 2013) qui entend regarder de plus près cette nouvelle vague de pays drainée par les BRICS – désormais « émergés », des pays diversement classifiés au sein d’entités acronymiques telles que BIICS, « Next Eleven », E7et surtout bien sur les fameux CIVETS.

Les BENIVM, territoires de demain

Les BENIVM (Bangladesh, Ethiopie, Nigéria, Indonésie, Vietnam, Mexique) constituent ainsi la nouvelle catégorie de pays émergents et représentent un milliard d’habitants. Bengladesh, Indonésie et Vietnam accueillent plusieurs productions manufacturières délocalisées de Chine, alors que le Nigéria et l’Ethiopie s’apprêtent à être les principaux relais de croissance en Afrique et que le Mexique s’avère être incontestablement le plus avancé de l’ensemble. Ce sont là incontestablement les pays émergents de premier rang pour la décennie à venir. Laurence Daziano note néanmoins qu’un autre groupe de pays (Angola, Arabie Séoudite, Ghana, Côte d’Ivoire, Mozambique, Malaisie, Kazakhstan, Azerbaïdjan et surtout Colombie) peut être qualifié de BENIVM de second rang, des candidats en quelque sorte à l’émergence économique

L’enjeu des classes moyennes et l’impact de leur développement sur les stratégies de l’innovation

Comme le souligne l’auteur de l’étude, le « tournant de Lewis » définit le moment où une main d’œuvre abondante se raréfie, entraînant une augmentation rapide des revenus… ». L’augmentation des classes moyennes est telle qu’elle représentera 1,2 milliards de personnes en 2030, d’où notamment le basculement du moteur de la croissance de l’exportation vers la consommation intérieure. La récente note de Julien Damon (Fondapol, juillet 2013) évoque ainsi de son côté les dynamiques de «moyennisation» dans les pays en développement et des dynamiques de «démoyennisation» dans les pays du Vieux Monde. Cette éclosion des classes moyennes émergentes, avec des aspirations à la démocratie et à la consommation, est sur le point de bouleverser la carte mondiale des espaces et écosystèmes de l’innovation.

Un des axes du programme : la nécessaire écriture d’une nouvelle démarche de diplomatie économique

La prise en compte de ces futurs usagers et clients et une meilleure connaissance de leurs demandes peuvent ainsi permettre aux économies occidentales et singulièrement françaises d’affirmer leur présence au travers par exemple de nouveaux lieux où les projets, produits et services des uns peuvent rencontrer les volontés et capacités d’achat des autres. La création de maisons françaises du numérique représentant à l’étranger les futurs quartiers numériques français (Rapport de la Caisse des Dépôts, juillet 2013) peut de la sorte constituer un excellent exemple en la matière.

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