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Gérard Théry et Pierre Laffitte, le Minitel et Sophia Antipolis

Deux acteurs français du paysage technologique  en devenir

Laura Garcia Vitoria

Le Minitel est une technologie dont les développeurs n’ont pas voulu la faire évoluer, trouvant l’internet dépourvu d’intérêt. C’était un terminal cubique donnant accès au vidéo texte. Il a été livré avec le téléphone, avant d’être supplanté dans les usages par le World Wide Web et de s’éteindre le 30 juin 2012.

L’un de ses développeurs, le polytechnicien Gérard Théry, est décédé en juillet 2021 (il avait été directeur général des Télécommunications jusqu’en 1981) il reflète en cela une certaine culture française car il avait été diplômé de l’École polytechnique en 1952, puis de l’École nationale supérieure des télécommunications en 1957. Son manque d’ouverture internationale et refus d’accès à des nouvelles mutualisations de compétences, a assiégé la France dans une ère des technologies de la connaissance et du savoir qui s’amorçait.

Par ailleurs, certaines intelligences venues d’autres horizons culturels auraient pu contribuer à faire émerger dans l’hexagone une nouvelle façon de travailler avec de nouvelles bonnes pratiques bien loin des lieux de formations peu propices aux innovations d’apprentissage et de technologies de rupture.

En ce qui concerne Pierre Laffitte mort aussi en 2021. Il a su créer la Fondation Sophia Antipolis pour faire installer dans la région Provence Alpes Côte d’Azur un espace dédié aux entreprises privées de l’ère numérique en 1993, lorsqu’il était président de la Route de hautes technologies.

Pierre Laffitte, issu de l’École des Mines,  dès les années 90 aurait pu faire de  Sophia Antipolis un lieu d’innovation ouverte et un écosystème de développement des projets européens innovateurs et  technologiques. Néanmoins,  on a vu surgir un espace, difficile de parcourir sans voiture, sans aucune  place pour le développement durable ni identité locale affirmée pour développer une future économie durable. La région a su se développer, quelques décennies plus tard  (Et la planète devint laboratoire page 127) grâce à la French tech.

De même, certaines intelligences venues d’autres horizons  culturels auraient pu contribuer à faire émerger dans l’hexagone une nouvelle façon de travailler avec des lieux d’innovation ouverte et un écosystème de développement des projets européens innovateurs et  technologiques. Loin aussi des lieux des formations peu propices aux innovations de rupture.

Deux parcours donc qui n’ont pas su aboutir dans une prospective territoriale intelligente. On a dû attendre la French Tech pour décoller dans un système ouvert et dynamique. [1]


[1] Difficile de dépasser actuellement en tant que leader dans le domaine sociale et surtout dans la sylver économie où les technologies prennent encrage dans le secteur privé et les entreprises étrangères.

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